Lundi  20  NOVEMBRE  2017  
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Foulosophie
  • La définition de la DICTATURE, c'est "FERME TA GUELE !" Quant à la DÉMOCRATIE, c'est "CAUSE TOUJOURS!"
  • La plupart des hommes définissent le mariage comme, une méthode très coûteuse pour faire laver son linge gratuitement.
  • Le mariage est la seule guerre où vous dormez avec l'ennemi(e).
  • Le con ne perd jamais son temps. Il perd toujours celui des autres.
  • Beaucoup d'hommes doivent leur succès à leur première épouse, et leur deuxième épouse à leur succès.
  • Douanier n'aime pas congé, policier n'aime pas repos maladie.
  • Celui qui pisse contre le vent pisse sur sa chaussure.
  • Qui avale une noix de coco fait confiance à son anus.

  • On ne reconnaît l'importance de la fesse que lorsqu'il y pousse un furoncle.
  • De tous ceux qui n'ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent.
+ de Foulosophie
BILLY BILLY (Artiste chanteur)
"Je dis ce que je pense, je n’insulte personne"

Il y a trois ans environs, son tout premier album n’a laissé personne indifférent. Et depuis, Billy Billy, tel un coq, continue de chanter chaque jour à l’aube et d’épater certains là où d’autres sont choqués par son style malgré la dose d’humour qu’il y met. Cela semble bien lui réussir puisqu’il n’habite plus Wassakara mais plutôt la Riviera Palmeraie où nous l’avons trouvé. Le cocorico du coq tonne plus que jamais.

Tu continues de chanter Wassakara alors que tu as laissé les réalités de ce quartier derrière toi…
Ça n’a rien à voir. Je le dis et je le répète, c’est un hommage que je rends à la pauvreté, une revendication, un cri du cœur et d’espoir aussi. Ça veut dire qu’on peut partir de rien et devenir quelqu’un. Je chante Wassakara pour donner de l’espoir à cette jeunesse car ce n’est pas parce qu’on est né enfant de “poignon’” et qu’on vit dans des conditions difficiles qu’on va accepter d’y périr. Seul le travail paie, donc il faut travailler pour rejoindre les autres. A travers Wassakara, c’est la pauvreté que je décortique même si c’est avec de l’humour. Ce n’est pas parce que je m’y plais, mais je veux tout simplement donner de l’espoir aux gens. Ce n’est pas un plaisir de dormir dans salon, de manger une fois par jour, avoir un seul vêtement toute une année. C’est une revendication pour que ceux qui sont en haut le sachent car c’est en bas qui les fait.

Donc tu as dormi dans salon des gens ?
J’ai dormi dans salon pendant une bonne partie de ma vie. Quand tu es issue d’une famille de sept personnes dont tu es l’aîné, sans compter les cousins et que ton père n’est qu’un simple instituteur… Vous vous imaginez quand tout le monde fréquente une école privée, on ne mange pas convenablement parce que papa met tout son jeton dans l’école de ses enfants ! Ce n’est pas évident et il faut donc avoir un moral métallique pour surmonter tout ça et affronter la vie. Je le dis haut et fort, quand je quittais Daloa pour Abidjan, je n’avais que la somme de 4.000 F. J’ai payé le transport à 2.500 F, je me suis assis sur tabouret. Aujourd’hui, je suis en train d’écrire mon histoire et pour le moment, ça me réussit et j’espère que ça va durer longtemps.

Tu écris petit à petit ta page, j’espère que ce n’est pas pour finir comme certains de tes devanciers comme toi-même tu le chantes !
Ce n’est pas un souhait ! Même pour ceux dont tu veux parler, le combat n’est pas fini. Tant qu’on vit, on lutte. Ce qui est sûr, on aspire à un bien-être, au bonheur et c’est dans ce contexte qu’on est. C’est vrai qu’on n’est pas encore arrivé, mais on est en train de creuser. Moi, je suis optimiste, je suis un guerrier, je sais d’où je viens et ceux qui me connaissent savent que je ne recule pas. Je fais partie de ceux qui pensent que si tu as honte de chercher l’argent, l’argent va avoir honte de toi. Donc, on cherche la thune, on espère qu’on l’aura Inch’Allah !

Tu sais tout ça et puis tu "allumes" les autres dans tes chansons ?
Ça dépend de ce que chacun appelle "allumer" ! Sinon, moi je dis ce que je pense. C’est parce que je dis la vérité que certains m’aiment et que d’autres ne m’aiment pas. Je ne triche ni n’invente rien. Quand par exemple, je parle de l’argent du pays, il s’agit de l’argent du pays ! Et donc cet argent appartient au peuple. Quand je parle des femmes, je le dis de façon claire aussi. Aujourd’hui, quand nos sœurs sortent, elles sont prévoyantes et tout le monde le sait. Avec de l’humour, je décris tous ces faits dans mes chansons. Ma musique est basée sur la vérité.

Quand tu parles, on dirait quelqu’un de courageux alors que pour si peu tu fuis te cacher !
Pour aller où ? Moi, je n’ai jamais fui ! La preuve est que je suis resté ici tout le temps qu’a duré la crise. C’est vrai que pendant les élections, j’étais au Sénégal où j’ai fait un mois environ à enregistrer avec des frangins et je suis revenu. Je ne voulais pas voter, je ne me suis pas fait enrôler car ça ne m’intéressait pas. Je l’ai déjà dit sur une chaîne de télé. Je suis revenu parce que j’ai mon gosse de sept mois que je ne peux pas laisser ici tout seul. J’ai donc tout vécu pendant la crise. Quand ça tirait et bombardait, j’étais là avec mon manager et les autres. On se mettait dans l’arrière-cour où on se couchait parfois au sol. Quand ça chauffait, on se cachait et quand ça cessait, on sortait de notre cachette. Ça spéculait partout qu’on m’a pris, que je suis au Golf, que j’ai fui, mais tu sais on est artiste donc on ne peut pas empêcher les gens de penser ou de dire ce qu’ils veulent. J’ai même reçu la visite de gens armés qui m’ont pris ma voiture, mon clavier, mon ordinateur, de l’argent, ma caméra … du matériel important avec lequel je travaille. Ils nous ont fait coucher à même le sol dans le salon. Ils ont même mangé la nourriture qu’on avait préparée. C’est dommage, il y a eu beaucoup d’éléments incontrôlés.

Comme d’après toi tu dis la vérité dans tes chansons, donc tu vas dire la vérité sur ça aussi ?
La révolution est continuelle ! Parfois les gens font tout pour te boycotter, mais je dis qu’on peut fermer la bouche d’un révolutionnaire, pas la bouche de la révolution. On est dedans ! Quand c’est bon, on applaudit et quand ce n’est pas bon, il faut le dire. C’est comme ça que les mentalités pourront changer. Moi, c’est mon travail, je suis très serein ! Dans tous les pays du monde, le peuple souffre et tant que le peuple souffre, les artistes comme nous ne peuvent qu’être inspirés. Les chansons de Billy Billy ne se limitent pas seulement à la Côte d’Ivoire. Je suis allé dans un pays où les gens ont cru que l’une de mes chansons parlait de leur président et ils m’ont coupé en pleine prestation. La pauvreté, la souffrance… n’ont pas de drapeau, pas de nationalité, elles sont universelles. Là, bientôt, c’est de réconciliation que je vais parler parce que le pays est profondément déchiré. On s’est amusés avec la guerre, on a cru que c’était un jeu. Quand tu regardes film de guerre à la télé, tu es enjaillé mais quand une balle perdue traverse ton mur pour venir casser ta télé, tu vois que pistolet n’est pas un jouet. Chacun sait ce qu’il a vécu pendant les récents événements. D’ailleurs, je ne demanderai pas ce que chacun a perdu, mais je dirai plutôt yako à chacun. C’est ce qu’on a chanté DJ Brico et moi. L’album s’appelle "Vivre ensemble". Il faut que les gens comprennent une bonne fois pour toutes que le monde est ainsi fait car on ne peut jamais être d’accord, mais on est obligés de vivre ensemble. On est obligés de vivre ensemble parce que le monde lui-même est un village planétaire. Je voudrais aussi dire que la reconstruction, ce ne sont pas les bâtiments, ça se passe plutôt dans la tête. On doit sortir des débats inutiles. On a besoin de paix pour vivre et travailler. C’est ce qu’on voudrait dire aux gens parce que le temps de la guerre est passé. Disons bye bye aux tirs des canons pour avancer.

Tu es jeune et puis tu parles de révolution, tu comptes sur quoi ?
Je ne compte sur rien ! Je compte sur la vérité ! Je dis ce que je pense, je n’insulte personne. Maintenant, si pour ça des gens veulent attenter à ma vie… bon, on dit dans la vie, chacun a son destin. J’aurais pu faire comme Arafat ou Meiway, mais j’ai plutôt été capté par ce concept. Chacun a son concept et c’est le mien que j’assume : dire la vérité, rien que la vérité. Si ça plait, c’est ça et si c’est le contraire, j’assume.

A ton retour de ton premier voyage en France, tu as sorti une chanson, c’est parce que tu étais surpris d’avoir voyagé ?
Bien sûr, comme tout le monde ! Je m’étais promis d’y aller avant l’âge de trente ans et ce rêve s’est réalisé après trois mois de carrière. Sinon, je n’étais jamais allé à l’aéroport avant ça. Ni pour accompagner quelqu’un, ni dans aucun autre cadre. Ce rêve m’a fait plaisir et je parlais comme tout Africain qui exprimait cette joie. Et comme je suis chanteur, je l’ai exprimé musicalement. A travers cet acte, j’ai voulu donner de l’espoir à d’autres personnes. Même si ce n’est pas l’eldorado, c’est quand même un bonheur. J’ai donné un baiser au sol français, j’ai fait beaucoup de choses dont je ne me souviens plus, mais en tout cas, j’ai manifesté à ma façon ce bonheur. Ça donne envie à ceux qui sont derrière de croire.

Et tu as été premier gaou aussi…
J’ai eu beaucoup de trucs ! Par exemple, dans l’avion, je tirais la tête pour regarder la télé de mon voisin comme dans car. Je ne savais pas que je pouvais appuyer sur un bouton pour voir ma télé à moi. C’est dans avion que j’ai vu télé qui sort dans plafond. A l’hôtel, les portes n’ont pas de clé. Ce sont des codes qu’on donne sur papier on dirait facture normalisée. Un jour, on revenait d’une balade et à la réception on m’a remis un bout de papier. Ne sachant pas à quoi ça devait servir, je l’ai jeté comme on le fait ici avec les factures de pharmacie. Alors je me pointe devant la porte et je force, mais sans succès. Je me retrouve alors seul dans le couloir car tout le monde avait regagné sa chambre. Je repars vers la réceptionniste qui me rappelle qu’elle m’avait donné un code sur du papier. Je suis étonné puisque moi je réclamais une clé. C’est à cet instant-là que je me souviens du papier que je retrouve heureusement trainant par terre. On a vécu beaucoup de choses, mais ça faisait plaisir. Aujourd’hui, ça ne m’arrive plus à moins que ça soit des choses atypiques, j’ai maintenant l’habitude de voyager.

Si je te dis Garba 50, qu’est-ce que tu me réponds ?
Ce sont de bons rappeurs. Mais eux ils ne m’aiment pas ! Je pense qu’ils disent ce qu’ils pensent. Ils disent qu’ils n’aiment pas ma musique parce qu’ils trouvent que ce n’est pas du rap que je fais. Ce n’est pas parce que quelqu’un dit ce qu’il pense que c’est une vérité universelle, mais je respecte ce qu’ils pensent. Moi, je les aime. D’ailleurs, j’ai tous leurs albums. On a de bons rapports même si on ne s’appelle pas régulièrement, mais quand on se voit, on se taquine et on rit. Quelqu’un qui dit ce qu’il pense, il faut le respecter, mais celui qui ne dit pas ce qu’il pense est un sorcier.

Une gbicherie ?
Mon coup de gueule va à l’endroit de la nouvelle armée. Il y a eu beaucoup d’éléments incontrôlés. Je pense que chacun dans sa tête doit tuer la guerre, assassiner la haine et enterrer les rancœurs. On doit se mettre en tête que la guerre est finie. Il faut qu’on avance. Ils sont là pour notre sécurité, mais s’ils nous traumatisent, ce n’est pas bon. On leur demande "sabari". C’est comme un enfant à qui on donne un cadeau de Noël ou qui voit le Père Noël et qui se met à fuir, c’est qu’il y a problème. Donc quand nos soldats arrivent, il faut qu’on soit content. Pour cela, il ne faut pas qu’ils traumatisent les civils. La Côte d’Ivoire a besoin que tout le monde à son niveau travaille pour que le pays avance. Un Homme qui a peur ne peut pas aller au travail et si on ne peut pas aller au travail, le pays ne peut pas avancer. Roulons donc pour la paix.

Une anecdote
Pendant les récents événements, il y a eu des inventions en cuisine chez moi ici. Voici le cuisinier en chef (il désigne son manager). A un moment donné, on n’avait plus de provisions et tout était devenu cher. C’était devenu difficile, donc on a créé notre cuisine. En fait, on avait fait bouillir deux plaquettes d’œufs qu’on avait ensuite conservées au frigo. Quand on dit "la ration", chacun savait de quoi il était question. Chacun se servait deux œufs qu’il accompagnait d’un verre d’eau. Quand tu finis, tu as le ventre ballonné au lit, donc quand on tire même tu n’entends rien. Parfois, tu manges attiéké avec “cube maggi” et en mangeant, tu inventes poisson braisé ou poulet rôti dans ta tête pour pouvoir manger.

Interview parue dans GBICH N°602 du 19 au 25 Mai 2012

Interview réalisée par Interview réalisée par J.M. Tonga kusst08@yahoo.fr le 18-04-2012 11:49:02 | Vue 5858 fois | Commentaires (8)
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