Mercredi  22  NOVEMBRE  2017  
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Foulosophie
  • Femme, c'est pas l'Homme!
  • L'argent n'a pas d'odeur, mais la femme à du flair.
  • L'argent ne fait pas le bonheur... Parole de pauvre.
  • L'amour est douloureux parce qu'on tombe amoureux or tomber fait toujours mal.
  • Beaucoup d'hommes doivent leur succès à leur première épouse, et leur deuxième épouse à leur succès.
  • Le cabri, quelque soit sa vieillesse, son odeur lui reste fidèle.
  • Si tu dors et que tu rêves que tu dors, il faut que tu te réveilles deux
    fois pour te lever.

  • Puisse que l'argent ne fait pas le bonheur, débarrassons-nous en!
  • Allonge tes pieds en proportion de ta natte.
  • Celui qui a chié oublie vite, mais celui qui a ramassé n'oublie jamais.
+ de Foulosophie
ADIAFFI OLIVIER, EDITEUR-COMMUNICATEUR : 12 A 14 MILLIONS D’IVOIRIENS NE SAVENT NI LIRE NI ECRIRE

On ne sait comment, mais notre dictaphone s’est posé sur la table d’Adiaffi Olivier. A bien regarder, ce patronyme évocateur (Adiaffi) ne vous laissera certainement indifférents. En effet, ce monsieur est le fils de Jean Marie Adiaffi. Contrairement à son père, lui n’a pas écrit, mais… Avec lui, nous avons fait le tour de beaucoup de sujets.

Il doit y avoir des privilèges à être un Adiaffi !
M’fi Béttié, bé flê mi Adiaffi (en Agni, je viens de Béttié, je m’appelle Adiaffi)… (Rires). Adé Adiaffi Jean Marie, mon père, est mort beaucoup trop jeune, à 58 ans. C’est vrai que nous qui avons connu le bonheur de recevoir d’un peu de sa fougue, on ne peut pas rester insensibles et c’est ce qui se traduit par l’amour que j’ai pour ce pays. J’ai vécu auprès de ce monsieur pré-visionnaire et je crois qu’il m’a légué un combat. Et ce combat que je mène, c’est pour mon père Jean Marie Adiaffi que je le fais pour qu’au moins à "Ebrô", c’est-à-dire au pays des morts, il soit fier de son œuvre que nous sommes en train de poursuivre. Si ce n’était que pour ma petite personne, il y a longtemps que je m’en serais sorti. Mais j’ai choisi l’un des combats les plus difficiles.

De quel combat parlez-vous ?
Depuis plus de 6 ans, j’ai rencontré presque tout le monde. Tous sont au courant et me connaissent. Quand est-ce qu’on va sortir ce monde-là de l’ignorance ? C’est cette question que je me pose.

Vous parlez du bossonnisme ?
Tous ces trucs-là, je ne connais pas. C’était le combat de mon père. Il a essayé à un moment donné d’amener l’idée que nous autres en tant que Noir, j’allais dire Nègre, nous avions un rapport à Dieu. Ce que je sais, c’est que dans toutes les langues traditionnelles, Dieu n’a pas de pluriel. Donc apparemment, il y a un rapport au monothéisme. Sinon, je n’ai jamais vu un génie. Et quand bien même je le saurais, ça ne se dit pas initialement. Moi ma religion, c’est l’alphabétisation. Maintenant, celui qui a appris à lire et qui veut lire sa Bible, son Coran ou aller au village faire son fétiche, ça ce sont des choses qui ne m’appartiennent pas. J’ai reçu l’écriture, je suis un Adiaffi. Et je me devais de me battre pour alphabétiser mon pays. La situation étant d’autant plus grave car la Côte d’Ivoire est le 192ème pays sur 200 avec officiellement aujourd’hui 64 % de taux d’analphabétisme. Et vu la situation sociopolitique de notre pays, nous comptons aujourd’hui entre 12 et 14 millions de personnes qui ne savent ni lire ni écrire dont 45% sont des femmes. C’est quelque chose qui me touche énormément et je trouve ça inacceptable. C’est inadmissible qu’un pays comme la Côte d’Ivoire fasse partie des 10 pays les mal alphabétisés.

Vous avez trouvé la solution à ce problème ?
Effectivement, on a travaillé pendant six ans avec le service de l’alphabétisation pour mettre en place des manuels. Au-delà de ne pas savoir lire et écrire, nous avons ajouté ni calculer. On a donc sorti un manuel en niveau 1 et 2 en calcul et un manuel appelé Termes éducatifs qui regroupent tout ce qui gangrène la société ivoirienne tels que le tabagisme, l’alcoolisme, la prostitution… pour permettre aux gens lorsqu’ils apprennent à lire et écrire à développer une vision différente sur leur environnement. Notre cible tourne entre 12 et 14 millions de personnes, ce qu’on appelle l’extrême pauvreté. Des gens qui vivent avec rien. On peut apprendre à lire et à écrire avec 2800 F en 60 heures. Mais je vous assure que dans certaines familles, 2800 F est un vrai budget. Donc, j’ai un double combat. Non seulement, depuis 6 ans nous nous sommes battus pour produire plus de 400 000 exemplaires de manuels disponibles aujourd’hui, mais on se doit de continuer à mener encore le combat.

Tout ce que vous dites est bien beau hein, mais ne pensez-vous pas que c’est encore un rêve ?
Si demain, il y a un autre Adiaffi qui peut sortir de ce pays, ce serait je pense, un bonheur unique. Parce que mon père a porté l’image de ce pays au plus haut partout dans le monde. Mon plus beau rêve, c’est que demain la connaissance et le savoir soient insufflés dans les plus petits gènes de chacun des Ivoiriens. Moi, je suis Ivoirien et fier de l’être et pour que cette fierté rayonne, le niveau de la connaissance doit monter d’un cran pour qu’être Ivoirien, demain soit un passeport. L’État doit ramener le dossier de l’alphabétisation pour qu’il passe en conseil des Ministres et quand la puissance régalienne de l’État sera menée tous les organismes vont se mettre en ligne sur le projet.

La connaissance passe aussi par la construction d’écoles...
Il y a des établissements entiers construits de 1000 places, et quatre sont prévus dans quatre régions. Les personnes formées vont passer à l’étape que j’appelle l’alphabet fonctionnel. Un peu comme dans les lycées techniques, il y aura la mécanique, la couture, l’artisanat … Il y a de petites structures. Déjà quand ils apprennent à lire et à écrire, on commence à leur donner les premières bases. C’est cela que je suis en train de mettre en place. Je veux qu’on fasse partie des pays qui comptent et ces pays font partie de ceux qui sont instruits.

Aujourd’hui, vous peinez à atteindre vos objectifs, mais demain vous serez récompensé …
Je précise que tout ce que je fais, c’est sur financement propre. Je n’ai reçu 5 F de personne si ce n’est un emprunt bancaire. Les chiffres qu’on va faire à partir de ces manuels vont être utilisés pour la réhabilitation de centres d’alphabétisation, le recrutement d’un peu plus de dix mille conseillers en alphabétisation, la logistique du service autonome d’alphabétisation. 20 % de mon chiffre d’affaires sera reversé dans mon circuit pour être certain que ce projet ira jusqu’au bout. C’est pour ça qu’on a créé "Alphabet Sans Frontière" qui est une ONG. Comparé à "Médecin Sans Frontière" qui soigne le corps, "Alphabet Sans Frontière" soigne l’esprit. Présidé par Ekra Bénié Kouamé, elle va permettre de suivre le reporting de la distribution sur le terrain de ces manuels. On a créé un magazine qui s’appelle Alpha Magazine qui aide les enfants de la rue à avoir un peu de chance. J’ai mis en place A. Consulting avec Dominique Delafosse qui s’occupe de la distribution des kits. Donc pour ce projet, nous avons trois structures et un micro crédit pour les gens qui ne savent pas lire et écrire. Parce qu’une fois qu’ils sauront lire et écrire, il va falloir les intégrer dans le tissu social. C’est un projet de vie pour libérer la Côte d’Ivoire de l’ignorance.

Anecdote ou histoire drôle
Puisque vous parliez de bossonnisme, il y a un Français, un Américain et un Ivoirien qui sont au bord de la mer. Il y a un génie qui sort de l’eau et qui leur dit : "vous allez jeter n’importe quoi dans la mer, mais si je le retrouve, vous mourrez sur place, mais par contre, si je ne le retrouve pas, tous vos désirs et vos rêves se réaliseront". L’Américain jette une pépite d’or, le génie rentre dans la mer, fouille et retrouve la pépite. Alors, l’Américain mourut. Le Français prend un cheveu, le jette dans la mer. Le génie, sous l’eau retrouve le cheveu et le Français mourut. L’Ivoirien prétend avoir déjà jeté, pour lui, le génie rentre, fouille, fouille pendant longtemps et en ressort mourant mais réalisant tous les voeux de l’Ivoirien. Quand il ressort, il lui demande : "mais qu’est-ce que tu as jeté dans l’eau ?" L’Ivoirien le regarde et dit : "gaou-là, tu ne connais pas Efferalgan ?" Comme vous me faites parler en bossonniste, j’espère que mon combat à l’image de ce génie va permettre de réaliser le rêve de tous les Ivoiriens.

Interview réalisée par Bléhiri Serge Alex (blehirisa@gbich.com) / J.M. Tonga (kusst08@yahoo.fr) le 03-03-2014 18:12:24 | Vue 3834 fois | Commentaires (0)
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